KENYA (2000)
Pays
Superficie :
582 646 km² pour une population de
29 000 000 habitants. Langues
officielles : Swahili, Anglais, langues
parlées : Kikuyu, Luo, Luyia, Kamba, Kalenjin, Gusii, Meru.
Religions : Christianisme (50 %),
Animistes (25 %), Islam (7 %)
Capitale : Nairobi, principales
villes, Mombasa, Kisumi, Nakuru, Eldoret, Thika, Nyeri, Nanyuki, Kitale,
Malindi, Kericho
Pays limitrophes : Ouganda, Soudan, Ethiopie, Somalie, Tanzanie
Point culminant : Mont Kenya 5 199 m.
Géographie
Au Kenya, on distingue deux facettes principales : la côte et ses
500 km de plages et l'arrière pays (l'hinterland), avec Nairobi, domaine
des grands parcs nationaux.
L'intérieur se compose de diverses régions. Un grand quart sud-ouest est
volcanique et montagneux. Vers l'ouest, on cultive le thé et le café dans les
White Highlands. Le centre nord, très fertile autour du mont Kenya, est lui
aussi couvert de plantations. À l'est du Kenya, l'altitude décroît,
formé de plaines, se localisent des plantations de canne à sucre, de bananiers
et de sisal. L'élevage (bovins, ovins, caprins) est développé, mais revêt
souvent une plus grande valeur sociale qu'économique. Enfin, le tiers
nord du pays est une steppe désertique entrecoupée par endroits des lits de
rivières asséchées. Le tourisme comble une partie du déficit de la
balance commerciale mais pour combien de temps ? L'insécurité croissante
provoque une importante diminution des voyageurs.
Climat
Le
soleil se lève toute l'année vers 6 h-6 h 30 et se couche entre 18 h 30 et 19
h.
- Saisons sèches : de décembre
à mars et de juillet à octobre.
- Saisons des pluies : la
“ grande saison des pluies ” a lieu d'avril à juin et la “ petite ” en
novembre, voire jusqu'à mi-décembre. Sur la côte
Climat tropical : l'air est chaud et humide, mais les vents de mousson tempèrent
le climat toute l'année.
- D'octobre à mars, le kaskazi souffle du nord-est. Doux et continu.
- D'avril à septembre, le kusi souffle violemment du sud-est.
Dans
les Highlands, sur les “ hauts plateaux ”, les journées sont chaudes et
ensoleillées avec un faible taux d'humidité. Dans la région du lac Victoria
taux d'humidité élevé. Régions désertiques du nord-est, la chaleur sèche
et écrasante la majeure partie de l'année est seulement interrompue par de
petites averses en avril et en mai, la meilleure
saison pour les safaris. - Les visiteurs affluent pendant la saison sèche, de
Noël à mars ainsi qu'en juillet août. Les Kenyans préfèrent les saisons
intermédiaires de juin, septembre et octobre, plus tranquilles avec des ciels
magnifiques.
- Moins populaire, la saison des pluies peut être malgré tout envisagée.
Avantages : le fond de l'air est frais, la végétation des parcs est
magnifique, les lumières superbes et les naissances animales ont généralement
lieu à cette période. Inconvénients : les animaux sont moins visibles dans
les hautes herbes et plus dispersés.
Environnement
Le système
des parcs nationaux kenyans est l'un des plus anciens d'Afrique. Il compte
aujourd'hui plus de 50 parcs et réserves. Tout confondu, les zones protégées
représentent à peu près 8 % du territoire national. Le
braconnage a été ramené à des proportions nettement plus faibles que dans
les années 1970. L'hécatombe, encouragée par la corruption des responsables
de nombreux parcs, atteignait alors des proportions faramineuses.
Plusieurs programmes de sauvegarde de la grande faune ont été mis en place.
Celui concernant la protection des rhinocéros est particulièrement ambitieux ;
les autorités espèrent une population de 1 000 têtes à l'horizon 2020.

Amboseli
Réserve animalière depuis 1947, puis parc national, Amboseli ne mesure que 392 km². On le traverse en 2 heures, presque 1/3 de sa surface est constituée par un lac qui ne se remplit d'eau qu'un mois par an, en avril. L'un des plus célèbres parcs nationaux du Kenya est aujourd'hui menacé à moyen terme dans son existence même. Une sécheresse persistante a entraîné un appauvrissement du sol accompagné de remontées de sel dont les conséquences sur la flore sont dramatiques. Le ballet incessant des minibus dans les années 80/90 a aggravé ce problème, affaiblissant chaque jour un peu plus la couverture végétale indispensable a la survie des herbivores.
Kilimanjaro
Situé au Nord-est de la Tanzanie, prés de la Frontière du Kenya les deux dômes volcaniques sont séparés de 11 Km. Le kibo le plus haut sommet s'élève à 5 892 mètres le Mawensi atteint 5 354 mètres. Le cratère du kibo a un diamètre de 2 Km et une profondeur de 300 mètres. Montrant une activité volcanique continue, il est couvert d'un chapeau de glace percé de plusieurs petits cratères. Bien que situé sur le territoire de la Tanzanie, c'est du parc d'AMBOSELI qu'on voit le mieux son sommet éternellement enneigé.
Souvent caché par un halo de nuages durant la journée, le mont Kenya est le second sommet d'Afrique avec une altitude de 5 199 mètres pour le pic Batian et 5 189 mètres pour le pic Nelion. Profitant de sols particulièrement fertiles, les cultures sont intensivement pratiquées jusqu'à environ 2 000 mètres. On pénètre ensuite dans une riche forêt de cèdres auxquels se mêlent des oliviers et de nombreuses espèces de fougères, de lianes et de mousses. Vers 2 500 mètres apparaissent des massifs de bambous géants dont la taille peut atteindre 12 mètres, ensuite la végétation s'appauvrit graduellement jusqu'à une lande désolée à environ 3 200 mètres. C'est seulement là que commence le Park du mont Kenya.

MASAI-MARA
A une altitude moyenne de
1 650 mètres, cette réserve existe depuis 1948 et couvre une superficie de 1 510
Km². Le
Masaï Mara
est l'extrémité nord de la plaine du Serengneti,
gigantesque écosystème dont la plus grande partie se trouve en Tanzanie et qui
couvre au total 25 000 Km². Dans ce domaine, tous les animaux d'Afrique ne sont
pas représentés mais on y trouve environ 80 espèces de mammifères et plus de
450 variétés d'oiseaux. La grande migration des gnous en août et septembre,
entraîne le déplacement de 200 000 zèbres, 500 000 gazelles de Thomson et 1
300 000 gnous accompagnés de leur cortége de prédateurs : lions, léopards,
guépards et des charognards: hyènes, vautours, chacals, marabouts ...
Nakuru
Le parc de Nakuru a été créé en 1967 et couvre une surface de 183 km², à une altitude de 1 758 mètres. C'est le royaume des flamants roses, qui lorsque la saison est bonne sont plus d'un million à se rassembler sur le lac. Les amateurs d'oiseaux peuvent également observer les pélicans, les cormorans, les aigles pêcheurs et les hérons.

Baringo
Le
lac de Baringo est un lac d'eau douce
qui couvre 168 km² à une altitude de 975 mètres. C'est le paradis des
oiseaux. 458 espèces d'oiseaux ont été recensées autour du lac, parmi
lesquelles 6 variétés de calaos, le héron pourpre et le héron goliath, des
aigrettes, des jacanas, des martins pêcheurs...
NAIROBI
Capitale politique du
Kenya, capitale économique et financière de l'Afrique de l'est et principale
porte d'entrée de cette région du globe. Nairobi est aussi la cité de l'eau,
des fleurs et du soleil. Elle est construite à une altitude de 1 600 mètres et
jouit d'un climat particulièrement sain et agréable, avec une température
moyenne de 19°C. C'est lors de la construction de la ligne de chemin de fer
reliant Mombasa au lac victoria que les colons britanniques l'ont fondée en
1899, ils en firent la capitale du pays en 1905. Elle compte 1 200 000
habitants. L'insécurité devient de plus en plus grande au fil des ans.
BOGORIA
Le lac Bogoria couvre une
superficie de 45 km² avec profondeur maximum de 9 mètres. Le lac lui-même et
ses rives ont été transformés en parc national en 1981, sur une surface de
107 km². Comme le lac NAKURU, c'est un lac alcalin, on y trouve de
nombreux flamands roses. Au sud du lac se trouve quelques geysers dégageant une
quantité impressionnante de vapeur dont la température avoisine les 100°C.
Les colonnes d'eau peuvent atteindre 6 mètres.

MALINDI
Magnifiques plages au sud
de Mombasa bordées de palmiers, cocotiers et sable blanc. Des récifs de coraux
baignés d'eaux claires incitent à la plongée.
TSAVO
Le Tsavo
se divise en deux
parties : Tsavo est et Tsavo ouest. Le Nord de la rivière Galma est fermé au
public, le sud ou sont particulièrement visités les secteurs de Voï a l'ouest
et de Sala à l'est. Tsavo offre plus que d'autres parcs le sentiment d'être
baigné dans l'immensités africaines, c'est la brousse à perte de vue et la
possibilité de circuler des journées entières sans voir âme qui vive, la végétation
étant très dense.
SAMBURU
ET BUFFALO SPRINGS
Ces deux réserves séparées par le fleuve Ewaso Ngiro, ont été créés en 1962 et couvrent respectivement 225 et 339 km². Elles abritent une faune hors du commun, dans un paysage totalement différent des autres régions. Le zèbre de Grévy a des rayures plus serrées et présente un aspect plus massif que son cousin le zèbre de Burchell. Le Gerenuk plus connu sous le nom d'antilope girafe, se caractérise par son très long cou qui lui permet de brouter en hauteur les feuilles d'acacia. Le Beisa oryx, magnifique antilope aux cornes longues et droites, se déplace en troupeau. La girafe réticulée possède un pelage sombre plus régulier que ses consoeurs du sud. On trouve également l'Autruche de Somalie au cou bleuté, la pintade de Guinée. La plupart de ces animaux ne peuvent être admirés que dans ces réserves ou rodent également lions et léopards, mais aussi les grands herbivores africains: éléphants, impalas, gazelles de Grant, hippopotames...

NAIVASHA
Avec une superficie de 170
km², situé à 1884 m d'altitude, le lac Naivasha fut découvert en 1883. Situé
sur une chaîne volcanique, ses rives sont colonisées par des papyrus. Au
centre l'île de Crescent est un sanctuaire pour les oiseaux (350 espèces)
TURKANA
Lac d'Afrique orientale,
principalement dans le nord-ouest du Kenya, l'extrémité nord se trouvant dans
le sud-ouest de l'Ethiopie. Situé dans la Rift Valley à 375 m au-dessus du
niveau de la mer, le lac, peu profond, et étroit, présente une longueur de 250
km et une largeur maximale de 55 km. Il couvre une superficie de 6400 km². Il
est alimenté au nord par la rivière OMO mais il n'a pas d'émissaires, la
vitesse d'évaporation de ses eaux saumâtres est élevée. Le lac Turkana est
très poissonneux, les crocodiles et hippopotames y sont aussi très nombreux.
C'est le territoire des tribus El Molo localisées vers Loiyangalani.
Peuple MASAÏS
Les Masaïs vivent en
dehors des réserves, dans des villages appelés MANYATTAS, revêtus d'une
tunique rouge, la lance à la main, leur principale richesse est leur troupeau.
Pour se nourrir ils ponctionnent du sang chez les jeunes taureaux et le mélangent
à du lait, c'est la nourriture de base. L'appartenance à une même
classe d'age crée des liens très forts. L'étape la plus importante permet à
l'enfant de devenir guerrier (Morane), pour cela il doit tuer un taureau à
mains nues. Le jeune guerrier est alors circoncis, et il peut porter la
lance et le bouclier.
La cérémonie suivante (l'eunoto) commande le passage de l'état de
guerrier à celui d'aîné. Une fois confirmé dans ses nouvelles fonctions, l'aîné
(l'olutono) doit se marier. La conception du mariage diffère de ce que nous
connaissons en europe. Le partage des femmes est courant mais le père de
l'enfant est toujours le mari de la femme même si le géniteur est une autre
personne.
Langue
le
SWAHILI est la langue qui au KENYA permet de communiquer avec le plus grand
nombre.
HAKUNA MATATA signifie en
swahili " PAS DE PROBLEME"
QUELQUES MOTS en SWAHILI
Jambo
|
Bonjour
|
Ndiyo
|
Oui
|
Habari?
|
Comment
allez vous
|
Hapana
|
Non
|
Mzuri
|
Bien
|
Bwana
|
Monsieur
|
Asante
(sana)
|
Merci
(beaucoup)
|
Bibi
|
Madame
|
Kwaheri
|
Au
revoir
|
Bi
|
Mademoiselle
|
Kahawa
|
Café
|
Mimi
|
Je
|
Pole
Pole
|
Doucement
|
Wewe
|
Tu
ou Vous
|
Moja
|
1
|
Yeye
|
IL
ou Elle
|
Mbili
|
2
|
Sisi
|
Nous
|
Tatu
|
3
|
Wao
|
Ils
ou Elles
|
Ine
|
4
|
Kwanini?
|
Pourquoi?
|
Tano
|
5
|
Kukula
|
Manger
|

Histoire
- 2 à 3
millions d'années avant notre ère : Présence d'australopithèques, dans la Rift Valley, au Kenya et en
Tanzanie, attestée par les fouilles menées par les équipes réunies autour
des paléontologues Louis et Mary Leakey, puis de leur fils Richard Leakey.
- Durant le 1er millénaire avant J.-C.
: Des agriculteurs bantou s'établissent sur les hauts plateaux, sur les
bords du lac Victoria.
- A partir du XIème siècle
: Des populations nilotiques, venues du Nord, introduisent l'élevage des
bovins et développent de puissants royaumes.
- XVIIème siècle : Les
Massaï, pasteurs guerriers d'origine nilotique, seraient arrivés par le nord
du lac Turkana. Laissant les Hautes Terres aux Bantous, ils préfèrent s'établir
dans les plaines du Centre et du Sud.
- 1830 : Le territoire des Massaï
s'étend du nord-est du lac Victoria jusqu'à la latitude de Zanzibar. Une barrière
que les marchands swahilis puis les Européens doivent contourner par le sud
pour parvenir jusqu'aux Grands Lacs.
Le commerce swahili
- Après le XIème siècle :
Les régions côtières sont dominées par des négociants arabes, originaires
du sud de la péninsule Arabique. Ils créent des comptoirs zenj (mot désignant
l'"homme noir"), dont les plus importants sont Malindi et Mombasa. De
là, ils contrôlent le commerce avec l'intérieur (esclaves, ivoire et plumes
d'autruche). Ces ports constituent un maillon essentiel pour le commerce de l'océan
Indien. Une culture composite arabo bantou s'y développe dont la langue, le
swahili, devint celle des échanges en Afrique orientale. Indépendants les uns
des autres, les États zenj, progressivement formés, sont souvent dominés par
des puissances extérieures. Ainsi, le sultanat de Mascate et Oman rivalise des
siècles durant avec les Européens pour la suprématie sur cette côte.
- 1497 : Les Portugais, à la
suite de Vasco de Gama qui, en route vers l'Inde, ont contourné le cap de
Bonne-Espérance et fait escale à Mombasa en 1498, tentent de monopoliser le
commerce de l'océan Indien. Durant plus d'un siècle -et malgré les résistances-,
ils dominent les États zenj.
- XVIème siècle : La
forteresse de Fort Jésus, édifiée au à Mombasa, demeure le témoin de la
puissance portugaise sur la côte.
- Première moitié du XVIIIème
siècle : Les Portugais sont chassés par les Omanais.
La dynastie omanaise
- Début du XIXème siècle :
Le sultanat d'Oman -qui a conclu un traité d'amitié avec les Britanniques,
dont l'influence s'affirme dans cette partie de l'Afrique- a conquis tous les États
zenj situés au nord du cap Delgado. Maître d'un vaste empire commercial, Oman
n'essaye pas de dominer les populations de l'intérieur.
- 1830 : La capitale du sultanat
est transférée de la péninsule Arabique dans l'île de Zanzibar, au large de
l'actuelle Tanzanie. Les plantations de girofle de Zanzibar et les palmeraies à
huile de Mombasa nécessitent une main d'oeuvre importante, qui est pourvue par
la traite des Noirs. Contrôlée depuis Mombasa et Zanzibar, la traite négrière
s'étend à l'intérieur de l'Afrique jusqu'au Congo. Les négriers swahilis
effectuent parfois des raids mais, le plus souvent, achètent les esclaves aux
ethnies ou tribus locales dominantes. Les Kambas du Kilimanjaro participent
ainsi au "commerce honteux".
Le consul britannique à Zanzibar prend la tête du mouvement anti-esclavagiste
- Vers 1850 : En échange de
garanties concernant le maintien de sa domination sur la côte, le sultan d'Oman
signa des traités limitant ce commerce.
- 1873 : Le sultan d'Oman accepte
d'abolir la traite.

La colonisation britannique
- De 1873 à 1886 : Le consul
britannique John Kirk encourage le sultan à annexer à son empire les
territoires de l'intérieur. L'unification territoriale aurait à terme profité
aux Britanniques, en lutte avec les Allemands pour le contrôle de l'Afrique
orientale.
- 1885 : Les zones d'influence
respectives sont définies au congrès de Berlin. Les Allemands obtinrent la côte
du Tanganyika (une partie de l'actuelle Tanzanie) et le Kenya revint aux
Britanniques. Dans un premier temps, les intérêts britanniques sont représentés
par l'Impérial British East Africa Company.
- 1896 : Le Foreign Office en
prend le contrôle direct, sous prétexte de construire une voie ferrée reliant
Mombasa au lac Victoria. Des travailleurs indiens sont employés à la
construction de cette ligne qui doit faciliter la conquête de l'intérieur du
pays. Les populations locales ne résistent guère à l'extension du protectorat
britannique.
Les chefferies autochtones sont maintenues, supervisées par les chefs de
district britanniques placés sous l'autorité d'un gouverneur nommé par
Londres. Les meilleures terres sont cependant réservées aux colons. Avant
1900, certains avaient commencé à s'installer dans la région de Nairobi.
- A la fin de la Première Guerre
mondiale : Environ 9 000 colons sont établis sur les hauts plateaux.
- 1919 : La population autochtone
est gravement affectée par la famine : Kikouyou, Kamba et Luo se révoltent à
plusieurs reprises contre l'accaparement de leurs terres.
- 1920 : Le Kenya devient une
colonie de la Couronne, mais la situation des autochtones n'évolue guère. Elle
est même aggravée par les effets de la crise économique de 1929. Nombreux
sont ceux qui sont contraints d'émigrer vers les villes. Le nouveau statut
colonial permet cependant la création d'associations: les Kikouyou fondent
ainsi, en 1925, leur formation, afin de lutter pour la redistribution des
terres. Jomo Kenyatta devint le secrétaire général de la Kikuyu Central
Association (KCA). Il se rend, en 1929, à Londres afin d'en appeler à
l'opinion britannique et internationale.
- 1940 : La KCA est interdite.
Kenyatta demeure en exil jusqu'en 1946. Revenu dans son pays, il prit la tête
du mouvement indépendantiste.
La lutte pour l'indépendance
- 1952 : Les Mau-Mau, membres
d'une société secrète kikouyou, se révoltent contre les autorités et les
colons britanniques. La révolte des Mau-Mau, qui dure quatre ans, est
violemment réprimée. La répression frappe l'ensemble des Kikouyou sans
distinction:
13 000 d'entre eux sont tués. Kenyatta est emprisonné pour complicité présumée
avec les Mau-Mau. Le changement, pourtant, est inéluctable: les autorités
coloniales favorisent la constitution d'une classe moyenne africaine, en
encourageant les autochtones à s'engager dans les cultures d'exportation.
- 1957 : Les petits planteurs
africains sont autorisés à élire huit représentants au Conseil législatif
de la colonie.
Le mouvement indépendantiste, dans le même temps, se structure.
- 1960 : L'Union nationale
africaine du Kenya (Kenya African National Union, KANU) est fondée, dont
Kenyatta prend la direction après sa libération, l'année suivante. Ronald
Ngala et Daniel Arap Moi font rapidement scission, entraînant les ethnies
minoritaires opposées à la domination des Kikouyous. Ils fondent l'Union démocratique
africaine du Kenya (Kenya African Democratic Union, KADU).
Une conférence constitutionnelle prépare l'accession à l'indépendance.
- 12 décembre 1963 : Accession
à l'indépendance. Kenyatta, dont le parti avait remporté les élections,
devint président de la nouvelle République.
Le Kenya de Kenyatta
Contrairement aux craintes des colons, le pouvoir africain se montre modéré,
pro-occidental et progressiste. La structure foncière n'est pas radicalement
modifiée. Les terres rachetées aux Européens sont redistribuées selon des
critères ethniques et tribaux et une élite kenyane, en majorité formée par
les Kikouyous, se constitue. La stabilité politique, due à l'hégémonie de la
KANU, parti unique de facto à partir de 1969, attire d'importants
investissements étrangers. Une nouvelle zone industrielle est créée près de
Thika, et le centre de Nairobi est modernisé. L'industrie du tourisme, reposant
sur les grandes réserves nationales d'animaux sauvages, se développe
rapidement et devient une ressource importante. Le prestige de Kenyatta, nommé
le Mzee (l'ancien avisé), demeurait grand lorsqu'il meurt, en 1978.
Une succession difficile
L'arrivée au pouvoir de Daniel Arap Moi, un Kalenjin, ne se fait pas sans
tensions au sein de l'appareil d'État. Le président Moi renforça son autorité,
en juin 1982, en consacrant dans les textes le multipartisme. Deux mois plus
tard, des unités de l'armée de l'air tentent de le chasser, mais elles sont
repoussées par des troupes loyalistes. Les tensions sociales suscitées par la
crise économique et l'accroissement démographique très important ne cessent
de s'exacerber durant toute la décennie, alors même que le régime réprime
toute opposition et répond aux aspirations démocratiques des manifestants par
la violence.
- 1990 : Assassinat du ministre
des Affaires étrangères, Robert Ouko, un Luo, fut à l'origine d'affrontements
intercommunautaires. L'année suivante est créé le Forum pour la restauration
de la démocratie (FORD) dont les appels à la libéralisation du régime sont
entendus par la communauté internationale. Le gel de l'aide financière
contraint Daniel Arap Moi à accepter le multipartisme. Les partis d'opposition
sont alors reconnus. Malgré la politique menée par le pouvoir qui, dès le
milieu des années 1980, a attisé les rivalités entre communautés dans la
Rift Valley, et les effets sociaux négatifs des mesures d'ajustement économiques,
Daniel Arap Moi est réélu en 1992, lors des premières élections libres.
Depuis cette date, les affrontements intercommunautaires se sont poursuivis. Des
dizaines de milliers de Kikouyous sont chassés de la Rift Valley par les
Kalenjin et les Massaï. Des centaines de fermiers luo doivent également
quitter leurs terres.
- Juillet 1995 : La
Grande-Bretagne suspend à nouveau son aide au Kenya, en raison des violations
des droits de l'Homme.
- 1997 et 1998 : Des Kikuyu et
des Kamba font l'objet d'attaques et d'exactions qui entraînent la mort de
plusieurs centaines de personnes et l'exode de 150 000 autres.
- Janvier 1998 : Daniel Arap Moi,
qui brigue un cinquième mandat, est réélu au terme d'un processus électoral
marqué par de nombreuses irrégularités. L'opposition, qui n'a jamais su présenter
une alternative crédible au pouvoir, accuse le président Moi d'attiser les
tensions communautaires afin d'apparaître comme le seul recours possible dans
un contexte troublé. Celui-ci entame son dernier mandat, et une lutte pour la
succession a commencé au sein de la KANU.