Le Malawi est un pays d'Afrique de l'Est enclavé
entre la Tanzanie au nord-est, le Mozambique à l'est et au sud, et la
Zambie à
l'ouest. C'est un pays de 118 484 km², qui s'étire du nord au sud (900 km)
tout le long du lac Malawi, ce dernier constituant la frontière naturelle avec
la Tanzanie et le Mozambique; le pays fait entre 80 et 150 km de large. Le quart
du territoire, soit 24 204 km², est constitué par des lacs, dont le
lac Malawi, le troisième plus grand lac d'Afrique (580 km de long à 472 m
au-dessus du niveau de la mer). On recense trois autres lacs: le lac Chilwa au
sud-est du lac Malawi, le lac Chiuta au nord du lac Malawi et le lac Malombé au
sud du lac Malawi.
Ce pays a la particularité d'être très petit en
comparaison aux autres pays de la région (si l'on fait exception du Rwanda et
du Burundi): par exemple, le Mozambique (799 380 km², la Tanzanie (945 000 km²),
le Zimbabwe (390 580 km²), le Kenya (580 000 km²), le Congo-Kinshasa (2 345
000 km²), la Somalie (630 000 km²).
Le pays a pour capitale Lilongwé depuis 1975, mais cette
ville reste moins importante que l'ancienne capitale, Blantyre, qui forme avec
Limbé une agglomération de quelque 400 000 habitants, le centre commercial et
industriel du pays. Le Malawi se divise en trois régions administratives et 30
districts. Les régions administratives sont la province du Nord ou Northen
Region (capitale: Mzuzu), la province du Centre ou Central Region (capitale:
Lilongwé) et la province du Sud ou Southern Region (capitale: Blantyre).
Géographie
et climat
Le Grand Rift traverse le pays du nord au sud. Dans cette dépression
se trouve le lac Malawi, le troisième plus grand lac d'Afrique ; sa
superficie couvre environ 20% du pays. A l'extrémité méridionale du lac prend
naissance le fleuve Shire, qui se jette dans le Zambèze 400 km. plus au sud, au
Mozambique. A l'est et à l'ouest le Grand Rift est surplombé par de vastes et
hauts plateaux s'élevant de 900 à 1 200 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Au nord, le Nyika Uplands (haut plateau) culmine à 2 600 m. Le Shire
Highlands, de 600 à 1 600 m., est dominé par les monts Zomba et Mulanje,
culminant réspectiviment à 2 130 et 3 048 m. A l'extrême sud du pays, la plaine
s'étend de 60 à 90 m. au-dessus du niveau de la mer. C'est là que se trouve
la plus importante densité de population de l'Afrique subsaharienne. Lilongwe
(capitale depuis l'année 1971) compte plus de 400 000 habitants. Blantyre,
principale place commerciale, abrite le siège de la Cour Suprême du pays (la
population est passée de 109 000 habitants en 1966 à 500 000 en 1998). Les îles
Likoma et Chizumulu appartiennent au Malawi bien qu'elle se trouvent dans les
eaux territoriales du Mozambique où elles forment une enclave.
Le climat du Malawi est essentiellement subtropical. La
saison des pluies va de novembre à avril. De mai à octobre les précipitations
deviennent très rares. D'octobre à mai le climat est chaud et humide le long
de la côte du lac, ainsi que dans la vallée du fleuve Shire et dans la zone de
Lilongwe; l'humidité dans le reste du pays est plus faible.

Des vestiges de l'âge de pierre et de l'âge de fer tardif
ont été mis au jour autour du lac Malawi.
- 1er siècle après J.-C. : Des peuples bantou s'installent dans la région. Le
pays connaît une succession de royaumes, en relation avec les commerçants
swahili des régions côtières du Mozambique et avec le Zimbabwe.
- XIVème siècle : Le royaume des Chewa domine la région s'étendant au
nord-ouest du lac Malawi.
- XVIIème siècle : Après l'arrivée de commerçants portugais, dont les métis
(Pomberos) qui, remontant le Zambèze, sont parvenus jusque dans le sud du pays,
s'organise un vaste trafic d'esclaves.
- XVIIIème siècle : Les Yao, pasteurs nilotiques venus du Sud soudanais, s'établissent
dans le pays. Les Ngounis quittent l'Afrique du Sud lors des Mfecanes (conflits
nés de la création du peuple zoulou et de l'arrivée des Boers). Chassés par
l'expansion zoulou, ils poussent jusqu'au nord du pays.
- 1859 : Les Européens ont connaissance de l'existence du lac lorsque David
Livingstone parvint sur ses rives. Livingstone dénonce les ravages provoqués
par la traite des Noirs, organisée par les commerçants portugais et arabes.
- A partir de 1875 : Son expédition ouvre la voie à l'établissement des
missions, protestantes au sud, catholiques dans le Centre. Les missionnaires
sont bientôt suivis par des commerçants britanniques.
- 1883 : Un consul britannique s'établit dans le pays.
- 1891 : Des affrontements avec les marchands d'esclaves et la volonté de
stopper l'expansion du Portugal et de l'Allemagne amènent les Britanniques à négocier
avec les souverains indigènes la déclaration formelle d'un protectorat qui
prit le nom de Nyasaland en 1907.
Pendant la Première Guerre mondiale : Le pasteur John Chilembwe, qu'indignent
la participation forcée de ses compatriotes à l'effort de guerre britannique
et l'accaparement des terres par les colons, organise une révolte brève, et sévèrement
réprimée, dans la région de Blantyre.
- Dans l'entre-deux-guerres : De nouveaux colons s'établissent dans le
Nyasaland, développant les cultures d'exportation tandis que les autochtones
sont utilisés comme main-d'ouvre dans les mines et industries des Rhodésies
(aujourd'hui Zambie et Zimbabwe).
- 1933 : Le Nyasaland passe sous le régime de l' "indirect rule".
- La Seconde Guerre mondiale marque l'essor des mouvements nationalistes.
- 1944 : James Sangala fonde le Congrès africain du Nyasaland (NAC, Nyasaland
African Congress), dont Hastings Kamuzu Banda, médecin immigré à Londres,
devient le représentant en Grande-Bretagne.
- A partir de 1953 : Le Naysaland est intégré, durant dix ans, au sein d'une fédération
comprenant les Rhodésies du Nord et du Sud (aujourd'hui Zambie et Zimbabwe).
Cette fédération suscite une vive opposition de la part de la population
autochtone du protectorat, qui redoute de voir s'étendre à son pays le régime
de ségrégation raciale en vigueur dans les territoires voisins.
- 1959 : Une campagne de désobéissance civile, menée par Banda, qui a été
élu président du Parti du congrès du Malawi (MPC, Malawi Congress Party),
nouvelle dénomination du NAC, est suivie d'importantes émeutes dans le nord du
pays.
- 1960 : Une conférence constitutionnelle s'ouvre à Lancaster.
- 1963 : Après la dissolution de la fédération, le Nyasaland obtient
l'autonomie ; Hastings Kamuzu Banda devint Premier ministre.
- 6 juillet 1964 : Le protectorat accède à l'indépendance et prend son nom
actuel.
- 6 juillet 1966 : Après la proclamation de la république, Banda est élu président
par l'Assemblée nationale.
- Novembre 1970 : Un amendement de la Constitution fait de lui le président à
vie du Malawi. Il peut ainsi diriger le pays autoritairement en s'appuyant sur
le parti unique, le MPC. Banda maintient habilement, en politique extérieure,
une stricte attitude de neutralité, conservant de bonnes relations tant avec
les autres pays de la "ligne de front", à dominante socialiste et
hostile aux régimes ségrégationnistes de Rhodésie du Sud et d'Afrique du
Sud, qu'avec ces derniers. Il maintient également des relations amicales avec
le Mozambique, sous la domination du Portugal de Salazar jusqu'en 1975. Cette
politique très contestée sert les intérêts commerciaux du Malawi mais limite
son influence sur le continent africain.
Début des années 1990 : La récession économique et l'afflux de réfugiés
mozambicains contribuèrent à déstabiliser le président Banda, de plus en
plus contesté, à l'intérieur comme sur le plan international, en raison de
son autoritarisme et de l'élimination des opposants politiques. La population
lui reproche également son mode de vie essentiellement anglo-saxon, et sa méconnaissance
des coutumes et de la langue locale (il ne s'exprime qu'en anglais et était
toujours accompagné d'un interprète).
- Juin 1993 : Il accepte l'instauration du multipartisme.
- Mai 1994 : Il perd la présidence au profit de Bakili Muluzi.
- 1995 : Banda et son ancien bras droit, John Tembo, sont arrêtés et inculpés
pour le meurtre, en 1983, de trois ministres et d'un parlementaire.
L'instruction du procès est l'occasion, pour le MPC, l'ancien parti unique,
allié à une formation de l'opposition, l'Alliance pour la démocratie, de
multiplier les accusations de corruption contre le nouveau président.
L'exacerbation des oppositions entre des partis à dominante communautaire et
l'augmentation d'une criminalité recourant aux pratiques les plus violentes
constituent une menace pour la démocratie, encore fragile.
- 15 juin 1999 : Les élections générales ont eu lieu qui, avec un important
taux de participation, reconduisent le président sortant Bakili Muluzi à la tête
de l'État (pour un second mandat) ainsi que son parti, le Front démocrate uni
(UDF), au Parlement.