TANZANIE (1998)

. ..

HISTOIRE FAUNE ZANZIBAR

République de Tanzanie, superficie de 945 090 km² pour une population de 31 500 000 habitants, les langues officielles : Swahili, Anglais,  parlées : Sukuma, Gogo, Haya, Nyamwezi, Makondé, Chagga. Religions : Christianisme (44 %), Islam (30%), Animisme (26 %)
Sa capitale Dodoma depuis 1990 a remplacé Dar es Salaam qui reste la plus grande agglomération de la Tanzanie. les principales villes : Dar es Salaam, Zanzibar, Mwanza, Tanga, Mbeya, Tabora, Arusha
Pays limitrophes : Congo Démocratique, Burundi, Rwanda, Ouganda, Kenya, Zambie, Mozambique, Malawi. Le point culminant : Kilimanjaro 5 895 mètres.

 

Géographie

La Tanzanie est le plus vaste pays de l'Afrique de l'Est. La majeure partie du pays est formée par des hauts plateaux dont l'altitude oscille autour de 1 500 m.

- Les montagnes : deux sommets, le mont Kilimandjaro (5 895 m) et le mont Méru (4 566 m) s'élancent au nord.
- Les steppes et les savanes : 64 % du pays.
- Les forêts : la Tanzanie n'est pas un pays où l'on vient pour admirer la forêt primaire tropicale. On trouve quand même quelques forêts intéressantes comme la forêt humide (ou pluviale) de montagne qui couvre les pentes du mont Méru, du Kilimandjaro, et les versants du cratère du Ngorongoro.

La Tanzanie possède grosso modo deux zones climatiques bien distinctes : l'intérieur, avec les hauts plateaux (plus de 1 500 m d'altitude) subissant un climat tropical tempéré, et la côte, plate, au climat équatorial humide. Plus vous montez, plus la température décroît. Plus vous descendez vers l'océan Indien et plus il fait chaud.

- La saison sèche : de mai à octobre. Puis les mois les plus chauds vont de décembre à février.
- La saison des pluies : la “ grande saison des pluies ” s'étend de début mars à début mai mais l'essentiel des pluies est concentré environ sur deux mois (mars avril). Les soirées peuvent être fraîches, voire froides.
La “ petite saison des pluies ” dure de début novembre à la mi-décembre. La haute saison s'étale de décembre à février, et de juillet à septembre.

Pour les parcs, les meilleures périodes

- Tarangire : de mi-juillet à mi-février.
- Lac Manyara : il change souvent d'aspect selon la période. On y trouve beaucoup d'oiseaux entre juin et octobre.
- Ngorongoro : c'est après la grande saison des pluies que la flore est la plus belle.
- Serengeti : de manière générale, on y trouve un peu moins d'animaux pendant la saison des pluies, sauf au sud, où justement s'effectuent des migrations de grands troupeaux d'herbivores.
Pour l'ascension du Kilimandjaro, la saison sèche est la plus recommandée.  

FAUNE

Malgré les mesures de protection renforcées, il resterait à peine une cinquantaine de rhinocéros en Tanzanie. C’est l’animal le plus menacé par les braconniers et il reste très recherché pour les soi-disant vertus aphrodisiaques de sa corne. l'allure où les choses vont, selon certains experts, le rhino d'Afrique pourrait connaître la même fin que le dinosaure ou le tyrannosaure. Le massacre des elephants  par les braconniers continue. Le commerce de l'ivoire repart même de plus belle dans certains pays d'Afrique australe, désireux d'exporter leurs produits en échange de devises fortes. En juin 1997, la Convention sur le commerce international des espèces menacées a permis à trois pays (Namibie, Zimbabwe et Botswana) d'autoriser à nouveau le commerce de l'ivoire (commerce autorisé mais quand même réglementé) !

 De nombreux parcs, dont le N'gnorongoro cratère de 20 km de diamètre et 700 mètres de profondeur abrite plus de 30 000 animaux. Plus au sud la réserve de Mikumi. Au nord à la frontière du Kenya le Sérengeti.  

.

Histoire

Chacune des deux régions qui composent la Tanzanie possède sa propre histoire.

Zanzibar

- VIIIème siècle après J.-C. : Des Arabes venus d'Oman (rejoints au VIIIème siècle par des Persans de la région de Chiraz) établissent des comptoirs à Zanzibar, à partir desquels ils commercent avec le continent qu'ils nomment la terre des Zinj ("Noir" en arabe), ou Azanie. Zanzibar et Kilwa deviennent progressivement des sultanats arabes indépendants, peuplés par des Arabes et des Africains. Après une brève domination portugaise, Zanzibar et Pemba sont assujetties par le sultan d'Oman.
- 1832 : Le sultan Sayyid Saïd transfère sa résidence à Zanzibar, d'où il étend sa zone d'influence commerciale. Il développe notamment la production de girofle et d'huile de palme, et pratique de manière intensive la traite des Noirs avec le continent.
- 1890 : Ses successeurs ne peuvent empêcher la Grande-Bretagne d'établir sa domination sur l’île. Le sultan n'est pas destitué, mais les décisions politiques et économiques émanent pour l'essentiel de la Couronne britannique.
- Dès les années 1930 : Des affrontements ont lieu entre Indiens et Arabes d'une part, Africains d'autre part, ces derniers étant cependant divisés. Le sultan Khalifa Ben Harub use de son influence pour faire accepter la loi britannique.
- 1960 : A la mort du sultan, la décolonisation du continent africain est déjà engagée.
- 9 décembre 1963 : L'île de Zanzibar, agitée par des troubles politiques, obtient l'indépendance. Quelques semaines plus tard, un violent soulèvement de la population africaine issue des anciens esclaves éclate, le sultan est renversé et les Arabes pourchassés. Le parti afro-shizari, proche de Nyerere et dirigé par Cheikh Abeid Amani Karume, prend le pouvoir.

Tanganyika

La partie continentale de l'actuelle Tanzanie abrite des ossements des premiers hominidés, comme ceux de l'australopithèque (Australopithecus boisei) qui ont été mis au jour, en 1964, dans les gorges d'Olduvai par Mary Leakey et son mari, Louis Leakey.
- IIème millénaire avant J.-C. : La côte est fréquentée, le nord du pays, à partir du lac Victoria, voit arriver les premiers agriculteurs bantou à l'aube de notre ère. Au nord-est s'établissent les peuples de langues nilotiques, des pasteurs.
- XVIIIème et XIXème siècles : La traite des Noirs, contrôlée par Zanzibar, est pratiquée massivement.
- 1890 : Le traité d'Héligoland entre la Grande-Bretagne et l'Allemagne reconnaît la domination britannique sur Zanzibar et les droits de l'Allemagne sur la partie continentale du pays.
- 1902 et 1903 : Après avoir brisé avec une implacable brutalité la résistance africaine - révolte des Maji-Maji, près de 120 000 morts au total, puis une révolte générale en 1907, les colons de la Compagnie allemande de l'Afrique de l'Est colonisent les territoires qu'ils dominaient, instituent le travail forcé et développent les plantations de café et de thé dans le Nord, de coton dans le Sud.
- Lors de la Première Guerre mondiale : L'Afrique Orientale allemande devient le théâtre d'opérations militaires : l'Allemagne parvient dans un premier temps à résister aux troupes britanniques, supérieures en nombre, mais doit capituler en 1918.
- 1920 : L'Afrique Orientale allemande devient territoire britannique sous mandat de la Société des Nations (SDN), et prend le nom de Tanganyika. Les gouverneurs britanniques appliquent une politique de colonisation minimale, sur le principe appliqué également à Zanzibar du self-government, facilitant ainsi ultérieurement la transition vers l'indépendance.
- 1947 : Le Tanganyika est placé sous la tutelle directe de l'Organisation des Nations unies (ONU).
- 1954 : Création de la TANU, dirigée par Julius Nyerere qui devient l'interlocuteur privilégié de l'ONU.
- Décembre 1961 : Lorsque le Tanganyika obtient l'indépendance, Nyerere prend la tête du gouvernement avant de devenir, l'année suivante, président de la république du Tanganyika.

La  Tanzanie unie

- 1964 : Nyerere, après avoir échappé à un coup d'État, engage des pourparlers avec le cheikh Karume, Premier ministre de Zanzibar, qui aboutissent à la création de la Tanzanie en avril. L'accord entre les deux parties est motivé par des intérêts mutuels : Zanzibar bénéficie de l'aide du continent et Nyerere peut contenir la révolution légalement. Ce dernier devient président de l'union, Karume étant promu au poste de vice-président. Cependant, l'intégration s'avère difficile et les disparités entre les deux régions ne peuvent être effacées. Le système politique est ainsi moins libéral à Zanzibar qu'au Tanganyika où, malgré l'institutionnalisation du régime de parti unique, en 1965, des candidats non affiliés à la TANU peuvent se présenter aux élections. De même, tandis qu'à Zanzibar la justice est rendue sans possibilité de défense par des tribunaux populaires, le système judiciaire du Tanganyika continue de fonctionner selon les pratiques héritées des Britanniques.

Le socialisme Tanzanien - Début des années 1960 : La Tanzanie est un pays pauvre, disposant de peu de ressources exportables, d'une industrie à l'état embryonnaire et dont l'agriculture est fondée sur les cultures vivrières.
- Février 1967 : Nyerere, dans un discours prononcé à Arusha, pose les principes fondateurs d'une nouvelle politique économique, visant notamment à atteindre l'autosuffisance alimentaire et jetant les bases d'un socialisme à la tanzanienne : "un gouvernement honnête, l'égalité entre les riches et les pauvres, l'indépendance économique".
Tandis que, du point de vue politique, Nyerere tente d'unifier le pays en dépassant les clivages ethniques (utilisation du swahili notamment), l'État exerce progressivement son contrôle sur tous les secteurs de la vie économique. Les banques et les sociétés privées sont nationalisées et des coopératives d'État sont créées afin de subvenir aux besoins de la population. La propriété agricole est exploitée selon un système communautaire, et les agriculteurs, jusque-là dispersés, sont regroupés au sein de villages appelés ujamaa (solidarité).
Ces réformes sont toutefois entravées par une conjoncture économique internationale défavorable, une mauvaise gestion publique marquée par une corruption généralisée, ainsi que par la résistance des habitants et des gouvernements locaux.

Politique extérieure

- Entre 1970 et 1980 : tandis que le Kenya, qui a choisi l'économie libérale, s'éloigne de la Tanzanie, le pays joue un rôle important par son appui aux mouvements africains de libération. Les nationalistes du Mozambique y trouvent refuge pour organiser leur guérilla contre les Portugais.
- 1979 : A la suite d'un incident de frontière, les troupes tanzaniennes entrent en Ouganda, contribuent au renversement du régime d'Idi Amin Dada et maintiennent leur présence dans le pays jusqu'en 1981. Le président Nyerere est en outre l'un des représentants africains les plus actifs dans les négociations visant à mettre fin à la domination blanche sur la Rhodésie (devenue le Zimbabwe). Tout en conservant de bonnes relations avec l'Ouest, la Tanzanie reçoit une aide substantielle en provenance de la Chine qui l'aide, ainsi que la Zambie, à construire le Tanzam, un train permettant d'évacuer le minerai de cuivre zambien par le port de Dar es-Salaam.
- A partir de 1983 : La crise économique rend nécessaire la libéralisation de l'économie tanzanienne.

L'après-Nyerere

- 1980 : Nyerere est réélu en pour son dernier mandat présidentiel.
- Novembre 1985 : Ali Hassan Mwinyi, musulman, originaire de Zanzibar, succède à Nyerere, qui se maintient toutefois à la tête du parti unique jusqu'en août 1990.
- 1990 : Mwinyi, réélu, accélère le programme de réformes pour le passage à une économie de marché et au multipartisme.
- 29 octobre 1995 : L'élection présidentielle est remportée avec une majorité de 61,8 % des suffrages par le candidat du CCM, Benjamin Mkapa, chrétien originaire de la partie continentale. Même si le multipartisme est à présent devenu une réalité, des doutes subsistent quant à la validité de ce scrutin, si l'on s'en tient aux accusations de fraude électorale lancées contre le parti au pouvoir. A l'occasion de la campagne électorale, les clivages entre chrétiens du continent et musulmans de Zanzibar s'accentuent, une partie des habitants de l'île ayant manifesté clairement sa volonté de faire sécession. Zanzibar demeure un fief de l'opposition, malgré la réélection de Salmin Amour, le candidat du CCM.
En matière de politique extérieure, la Tanzanie s'efforce de maintenir son influence dans la région des Grands Lacs, politique symbolisée par l'installation à Arusha en mars 1996 du Tribunal pénal international chargé de juger les responsables du génocide commis au Rwanda en 1994. 
Après les élections de décembre 2005, Jakaya Kikwete devient le nouveau président de la république, le quatrième depuis la création de la Tanzanie.  

.

 ZANZIBAR

Zanzibar, île corallienne qui fut une ville du marché aux esclaves, aujourd'hui c'est l'île aux épices 85 Km de long et 25 de large soit 1660 Km² pour une altitude de 120 mètres. De nombreuses plantations cocotiers, palmiers, clous de girofle, noix de muscade, turmeric, poivre.  La ville conserve son ambiance traditionnelle: des ruelles étroites se faufilent entre les hautes maisons blanches. On remarque les portes sculptées et décorées de motifs symboliques (lotus, poissons). De superbes plages de sable blanc avec lagon bleu turquoise et palétuviers.

Zanzibar,  protectorat britannique en 1890 puis indépendante en 1964, possède son propre gouvernement sous tutelle de la république de Tanzanie. Sa production d'épices, associée à une fiscalité attrayante fait de son port la porte d'entrée des importations de l'Afrique de l'Est. Depuis l'année 2000 la Tanzanie a instauré une modification des taxes douanières, de ce fait le port de Zanzibar est déserté au profit de Dar-es-Salaam, privant ainsi sa population de travail.

Les Assyriens, les Sumériens, les Égyptiens, le Phéniciens, les Indiens, les Chinois, les Persans, les Portugais, les Arabes d'Oman, les Néerlandais et les anglais ont tous étés ici en même temps. Certains, en particulier les Perses et les Arabes d'Oman, sont restés pour  régner. Avec cette influence, Zanzibar est devenue principalement islamique (97%) - le 3% restant se composant de chrétiens, et d’indous. Les premiers visiteurs vers Zanzibar étaient des commerçants arabes qui arrivèrent au 8ème siècle. Le bâtiment  qui reste sur Zanzibar est la mosquée qui date de 1107,  est une attraction des touristes actuelle.

Pendant des siècles les Arabes ont navigué avec les vents de mousson pratiquant  principalement le commerce de l'ivoire, des esclaves et des épices.  Les deux îles principales,  Zanzibar et Pemba, étaient une base idéale pour les Arabes d'Oman, étant relativement petites, et donc assez facile à défendre. En 1832, Sultan Seyyid a déplacé  son sultanat à Zanzibar où lui et ses descendants ont régnés pendant plus de 130 années. La majeure partie de la richesse était dans les mains de la communauté arabe, qui étaient les principaux propriétaires fonciers.

Les mariages répandus  entre Shirazis et Africains ont provoqué une communauté côtière avec les dispositifs distinctifs, et une langue a dérivé en partie de l'arabe, qui est devenu notoire comme Swahili. Le Swahili nommé vient du sawahil arabe de mot qui signifie la 'côte '. Les descendants de Zanzibar de ce groupe n'ont pas été considérablement impliqués dans les commerces lucratifs d'esclave, d'épice et d'ivoire. Au lieu de cela, ils se sont immergés principalement dans l'agriculture et la pêche.  Les Anglais impliqués dans  les activités marchandes en Afrique de l'Est, ont supprimé le commerce d'esclave  centré à Zanzibar.  

.