ZAMBIE (1998)
La
Zambie est entouré
par l'Angola, la République démocratique du Congo, le Malawi, le Mozambique,
la Namibie, la Tanzanie et le
Zimbabwe. La Zambie occupe une superficie de 752
614 km². Le climat de la Zambie est tropical, quoique plus tempéré en
altitude. La saison des pluies commence en octobre et se termine en avril. Le
fleuve principal est le Zambèze, dont le barrage de Kariba fournit le pays en
hydro-électricité. Quelques villes de Zambie : Lusaka, la capitale, Kitwe,
Livingstone, Kabwe, Kasumbalesa et Ndola.
Les ressources naturelles sont le
cuivre, le cobalt, le zinc, le plomb, le charbon, les émeraudes, l'or, l'argent
et l'uranium. La Zambie est un grand exportateur de cuivre et de cobalt, toutefois,
les gisements étant de plus en plus inaccessibles et moins riches, le
gouvernement essaie de développer l´agriculture d´exportation (cacahuètes,
tabac) et le tourisme. La Zambie compte les plus grand parcs nationaux d´Afrique
(réserve de la Kafue) aux mains de propriétaires privés et les plus
imposantes chutes d´eau d´Afrique, les Chutes de Victoria Falls.

La
Zambie a une population d'environ 11 millions d’habitants. Le taux
d'urbanisation est de 43% de la population totale. Le taux d'alphabétisation
atteint 75%, et 73% de la population vit sous le seuil de pauvreté. La dette
extérieure du pays est de 6,5 milliards de dollars.
L'espérance
de vie des hommes : 36,6 ans Espérance
de vie des femmes : 37,3 ans.
Histoire
110
000 ans avant J.-C. : Présence de l’homme de Rhodésie (Homo rhodesiensis)
attestée par la mise au jour d'un crâne dans un gisement métallifère au nord
de Lusaka. Les Bochiman, auxquels sont attribuées les nombreuses peintures
rupestres, ont précédé les agriculteurs bantou qui s'établirent dans la région
au cours du 1er millénaire après J.-C. Ils y ont développé la métallurgie
et les activités minières. Au nord, de grands empires se sont constitués dans
la savane. La commercialisation du cuivre a fondé la puissance des Lunda.
- Fin du XVIIème siècle : Les Bemba, venus du Congo, se sont
installés dans l'actuelle Copperbelt.
- XVIIIème siècle : Le pays était divisé en plusieurs États,
souvent de petite taille, au centre et au nord dominaient les Lozi, le Sud était
occupé par une ethnie originaire de l'actuel Malawi. La traite des Noirs s'est
développée durant tout le siècle, sous le contrôle des marchands de
Zanzibar.
Dès le XVIIIème siècle : Les Portugais, présents en Angola et au
Mozambique, pénètrent dans le pays par l'intermédiaire des pombeiros (métis
de Portugais et d'Africains), liaison qui est accomplie officiellement au XIXème
siècle par l'explorateur portugais Serpa Pinto, mais son exploit heurte les intérêts
britanniques.
- 1851 : David Livingstone entreprend l'exploration de la vallée du Zambèze. En 1855, Il reconnaît les chutes Victoria.
- 1871 : Mort de Livingstone au lac Bangweulu.
- 1890 : La British South Africa Company, fondée par Cecil Rhodes, étend sa
domination au Barotseland, à l'ouest, par la signature d'un traité avec les
Lozi et se voit accorder par la Couronne le droit d'administrer les pays situés
au nord du fleuve Limpopo. Les territoires orientaux sont intégrés à l'Empire
britannique lors de la conquête du Nyasaland (actuel Malawi).
- 1911 : Création de la Rhodésie du Nord, rattachée à la colonie britannique
du Cap mais administrée par la Compagnie de Cecil Rhodes.
- 1924 : L'administration est confiée à un gouverneur britannique,
l'exploitation minière demeurant le monopole de la British South Africa Company.
La découverte de gisements de cuivre dans le nord du pays date de la fin des
années 1880, mais l'exploitation s'intensifie à partir des années trente,
attirant d'abord de nombreux Européens puis des Africains du Nyasaland et de
Rhodésie du Sud, plus agricole (actuel Zimbabwe). En quelques années, la Rhodésie
du Nord devient l'un des premiers pays producteurs de cuivre. Si les Européens
n'ont jamais eu le pouvoir politique dont jouissent les colons en Rhodésie du
Sud, ils dominent le pays et bénéficient, dans les mines, de salaires très
supérieurs à ceux des Africains.
- 1953 : Les colons européens, inquiétés par la puissance du syndicat des
mineurs africains, fondé en 1949 avec le soutien de Londres, accueillent
favorablement la création de la fédération de Rhodésie-Nyasaland, qui doit
permettre de prolonger la domination blanche. Le gouvernement central, dirigé
par lord Malvern et sir Roy Welensky est calqué sur le système politique de la
Rhodésie du Sud. Pour la Rhodésie du Nord, la lutte pour l'indépendance
suppose, d'abord, la dissolution de la fédération.
L'indépendance
- 1959 : Kenneth Kaunda, surnommé le "Gandhi noir" (ou "Gandhi
africain") en raison de sa lutte pacifiste pour l'accession de la majorité
noire au pouvoir, fonde l'UNIP (United National Indépendance Party).
- 1961 : Il déclenche une vaste campagne de désobéissance civile.
- Fin 1963 : Au terme de négociations menées à Londres, la fédération de
Rhodésie-Nyasaland est dissoute.
- Octobre 1964 : Après la victoire de l'UNIP aux élections portant sur
l'autonomie interne, la Rhodésie du Nord accède à l'indépendance sous le nom
de Zambie. Les premières années sont marquées par des rivalités ethniques,
les affrontements opposant notamment les Lozi, qui s'estiment lésés par le
pouvoir, et les Bemba, majoritaires. Le président Kaunda, en réaction aux
troubles ethniques et aux grèves qui se multiplient dans les mines, durcit le régime.
- 1968 : Les sièges réservés aux blancs à l'Assemblée sont supprimés, puis
les partis politiques, à l'exception de l'UNIP, sont interdits. Le parti unique
doit, selon Kaunda, permettre une meilleure intégration nationale, dans un pays
artificiellement construit par les colonisateurs.
- 1973 : Le régime de parti unique est institutionnalisé.
- 1975 : Une partie des terres est nationalisée dans le cadre d'un programme de
développement de l'agriculture qui se solde par un échec.
Le président Kaunda encourage la guérilla nationaliste, financée notamment
par la Chine et l'URSS, contre le pouvoir blanc de la Rhodésie du
Sud, mais maintient toujours de bonnes relations avec les pays occidentaux.
Cependant, la situation intérieure ne cesse de se dégrader.
- Début des années 1980 : La mise en place d'une politique de rigueur économique,
appuyée par le Fonds monétaire international, attise le mécontentement d'une
population dont plus d'un tiers est au chômage.
- 1986 : La rupture du programme n'apporte aucune solution.
- 1988 : Réélu pour un sixième mandat présidentiel à l'issue d'une élection
sans opposition, Kaunda doit faire face, en 1990, à de violentes émeutes,
provoquées par la fin du blocage des prix. Après l'échec d'une tentative de
coup d'État, en juin, il accepte d'amender la Constitution pour autoriser le
multipartisme.
- 1991 : Le MMD (Movement for Multiparty Democracy) triomphe aux élections législatives,
emportant 80 % des sièges, puis à l'élection présidentielle (81 % des
suffrages) de 1991. Ces premières consultations électorales libres depuis
l'indépendance sont cependant marquées par une forte abstention.
Le nouveau gouvernement ne parvient pas à juguler la crise économique et le
pouvoir de Frederick Chiluba suscite de vives contestations, depuis qu'en 1994
plusieurs ministres, soupçonnés d'être impliqués dans un trafic de drogue,
ont dû démissionner.
Les
élections législatives d'octobre 1996 et présidentielle de novembre 1996
reconduisent pourtant au pouvoir le président Chiluba et son parti, le MMD.
Mais l'opposition conteste la régularité du scrutin et accuse le pouvoir
d'avoir tout fait pour éviter un retour aux affaires de Kenneth Kaunda (vote
d'un amendement constitutionnel durcissant les conditions requises pour être
candidat à la présidence de la République). Celui-ci bénéficie alors d'un
courant de sympathie lié aux graves problèmes économiques engendrés par les
ajustements structurels de l'économie exigés par le FMI.
-
29 octobre 1997 : Le régime du président Chiluba se durcit encore avec la déclaration
de l'état d'urgence (à la suite d'une tentative de coup d'État militaire) et
l'arrestation d'opposants. L'ancien président K. Kaunda est même détenu et
inculpé de rétention d'informations, mais les protestations internationales et
l'intervention de Nelson Mandela conduisent à un non-lieu et à sa libération.
Déjà âgé, le président Kaunda ne présente plus de danger pour le pouvoir
qui a remporté, en janvier 1999, les élections locales avec 66 % des suffrages
exprimés.